Des impulsions ont decoule aussi bien de la demande interieure que de la demande etrangere. La reprise des investissements et des exportations a ete particulierement vigoureuse. L’excedent qu’on pouvait encore constater du cote de l’offre au debut de l’annee a visiblement diminue et, pour la premiere fois depuis huit ans, les capacites de production de l’economie suisse etaient de nouveau presque entierement utilisees au deuxieme trimestre. Le marche du travail illustre particulierement bien cette evolution; des signes toujours plus nombreux d’une penurie de personnel y sont perceptibles. Du premier au deuxieme trimestre, la croissance economique a toutefois faibli quelque peu. Mesure a l’indice suisse des prix a la consommation, le rencherissement annuel a passe de 1,4% en avril a 2% en juillet, puis de nouveau a 1,3% en aout. Les prix des produits petroliers ont joue un role dominant dans cette evolution. Apres avoir marque un bond en juin, ils se sont de nouveau replies temporairement au cours des semaines suivantes. Fait rejouissant, le rencherissement est reste bas du cote des marchandises et services suisses. La conjoncture, il ne faut toutefois pas l’oublier, influe avec un decalage considerable sur l’evolution des prix. A la lumiere d’indicateurs avances tels que l’evolution des entrees de commandes dans l’industrie, l’essor de la conjoncture, qui repose sur une large assise, continuera sans doute ces prochains trimestres. Il devrait cependant etre moins vif qu’au debut de l’annee. La Banque nationale table sur une croissance economique moyenne d’un peu plus de 3% en 2000 et d’environ 2% en 2001. A la mi-juin, la Banque nationale avait souligne que le rencherissement passerait probablement a plus de 2%, en 2001, a la suite de l’essor vigoureux de la conjoncture. Les renes monetaires ayant ete resserrees, il devrait retourner sous la barre des 2% en 2002 et, ainsi, se situer de nouveau dans une zone que la Banque nationale assimile a la stabilite des prix. Le reexamen de la politique monetaire en vue du quatrieme trimestre a montre qu’aucun element fondamental n’est venu modifier cette appreciation. Rapport destine a la Direction generale, pour l’examen trimestriel de la situation, et au Conseil de banque Le rapport a ete approuve le 15 septembre 2000. Autant que possible, il tient compte egalement des informations publiees apres cette date. Les comparaisons d’un trimestre a l’autre reposent sur des donnees corrigees des variations saisonnieres. La croissance de l’economie mondiale a ete globalement vigoureuse au premier semestre de 2000. La conjoncture s’est sensiblement renforcee dans la plupart des economies industrialisees, mais aussi dans de nombreux pays hors de la zone de l’OCDE. L’expansion a ete de nouveau particulierement forte aux Etats-Unis. En Europe, la reprise a gagne en dynamisme et engendre un repli du chomage. Le Japon est le seul pays ou la conjoncture n’est pas vraiment parvenue a se redresser, mais les signes d’amelioration se sont cependant multiplies. Au cours de la premiere moitie de l’annee, le rencherissement s’est vivement accelere dans la plupart des pays. Cette evolution est due principalement a la hausse massive des prix des produits petroliers. Dans la zone euro, l’affaiblissement de la monnaie a donne des impulsions supplementaires a la hausse des prix. Forte croissance aux Etats-Unis Aux Etats-Unis, le produit interieur brut reel depassait de 6%, au deuxieme trimestre, le niveau observe un an auparavant; le trimestre precedent, sa progression avait ete de 5,3%. A l’exception des investissements en constructions, qui sont sensibles aux mouvements des taux d’interet, toutes les composantes de la demande ont contribue a cette croissance. Une fois encore, les investissements des entreprises ont marque une expansion particulierement vive; la consommation privee a cependant perdu de son dynamisme. A la lumiere de l’evolution recente des indicateurs avances, la vigueur de la conjoncture americaine devrait faiblir au second semestre. L’emploi a continue sa progression, mais a un rythme moins fort qu’aux periodes precedentes. Il depassait encore de 2,2% son niveau du deuxieme trimestre de 1999. Le taux de chomage a fluctue autour de 4%. L’assechement du marche du travail s’est traduit par une nette hausse des couts de la main-d’oeuvre. Les couts unitaires du travail ont cependant diminue, au deuxieme trimestre, grace aux gains de productivite de nouveau plus eleves. Ainsi, les pressions sur les prix se sont attenuees de ce cote-la. Bonne situation conjoncturelle en Europe Dans la zone euro, le produit interieur brut reel a augmente de 3,8% au deuxieme trimestre, apres 3,4% a la periode precedente. Toutes les composantes de la demande ont contribue a ce dynamisme; de fortes impulsions ont continue a decouler des exportations. Un essor particulierement vif a ete observe dans de nombreuses economies de moins grande taille, notamment en Irlande – ou les signes de surchauffe se sont multiplies – et en Espagne. La France a elle aussi enregistre une expansion superieure a la moyenne. La conjoncture s’est tres fortement acceleree en Italie et en Allemagne au cours du premier semestre; en Allemagne toutefois, un frein est venu de la stagnation persistante de l’activite dans la construction. Les indicateurs disponibles annoncent une pour-suite de la croissance economique soutenue dans la zone euro. Lors des dernieres enquetes conjoncturelles de l’UE, les producteurs se sont montres plus optimistes, avant tout en Italie et en Allemagne. Au milieu de l’annee, la confiance des consommateurs etait toujours a un niveau eleve du fait notamment de l’amelioration de la situation sur les marches du travail. Dans la zone euro, le chomage a diminue jus-qu’en juin. Il s’inscrivait alors a 9,1%, contre 10% un an auparavant et 10,9% en juin 1998. L’economie britannique a retrouve le chemin de la croissance au deuxieme trimestre, apres un affaiblissement, en particulier des investissements, dans les trois premiers mois de l’annee. En comparaison annuelle, le produit interieur brut reel a progresse de 3%. En raison de la conjoncture robuste, les tensions se sont accentuees sur le marche du travail, et les salaires ont sensiblement augmente. Comme aux Etats-Unis, les gains de productivite ont freine la hausse des couts unitaires du travail. Evolution fragile au Japon Au Japon, la conjoncture n’est pas vraiment parvenue a rependre pied, au premier semestre de 2000, bien que le produit interieur brut ait legerement augmente et que les signes d’une stabilisation de la conjoncture se soient multiplies. La reprise a repose principalement sur les exportations, les composantes de la demande interieure continuant a fluctuer fortement. Dans l’enquete de juin, les entreprises se sont montrees de nouveau plus optimistes. Ce sont surtout les grandes entreprises, dont les marches se trouvent en partie a l’etranger, qui tablaient sur une prochaine amelioration de leur situation; les PME souffraient par contre toujours de la faiblesse de la demande interieure. Au second semestre, les nouvelles mesures de relance prises par le gouvernement japonais devraient soutenir la conjoncture. La situation economique, dans l’ensemble difficile, a entraine une nouvelle baisse de l’emploi au deuxieme trimestre. Le taux de chomage s’inscrivait a 4,7%, soit au niveau observe un an auparavant. Acceleration de la conjoncture dans de nombreux pays emergents Au premier semestre de 2000, maints pays emergents ont contribue a la reprise de l’economie mondiale. En Asie orientale, Hong Kong, Singapour, la Malaisie et la Coree ont affiche des taux de croissance eleves, tandis que l’evolution economique etait toujours en butte a des incertitudes considerables en Thailande, aux Philippines et en Indonesie.